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PAUSE BLOG - FR

Animal, on n’est pas mal

Sophie Gravier

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Pure nature musicale, invitée marquante du projet « Pause » à La Donaira (sorte de Villa Médicis andalouse revue par Pierre Rabhi), la violoncelliste hollandaise Lidy Blijdorp vient se poser près de nous.

S’il est vrai que les musiciens sont des animaux étranges, alors Lidy Blijdorp est musique des pieds à la tête. Ou de la crinière aux sabots. Face à son violoncelle, elle est un pur-sang qui dévale la montagne. Dans la vie, elle est « un oiseau » comme dit son ami et partenaire Julien Brocal. Grand corps de héron, robe-plumage de couleur vive, chaussures de squaw. Son rire éclate comme un cri qui claque dans le silence. Lorsqu’elle parle, ses grands yeux bleus s’animent et voient des images. Les mots bondissent et sautent, staccato. Le legato et toutes les nuances de son phrasé sont réservés à son dialogue avec l’instrument.

« Mes deux sœurs faisaient du violon. Ma mère m’a dit : choisis ton instrument. A six ans, je suis allée au concert, j’ai vu le violoncelle, j’ai dit : je veux ça ! » Son père travaille aux archives du ministère de la Culture, sa mère enseigne la littérature anglaise. « Ma mère avait fait de la musique jeune. Elle a joué avec nous. Pasmon père. Mon frère, lui, a fait du piano. Un jour, il a dit : la musique, c’est un truc de filles. Donc mon père a dit : je vais commencer. Il a appris le hautbois. Et mon frère a continué. Aujourd’hui il est médecin et il joue du jazz. »

Lidy est la seule de la famille à être devenue musicienne professionnelle. L’une de ses sœurs est aussi médecin, l’autre professeur artistique. « J’étais très timide. Et j’ai eu un très bon prof qui me parlait en images, en couleurs. C’était idéal pour un enfant. » Elle a grandi à Leiderdorp, un petit village de Hollande. « Je ne voyais pas ce que je pouvais faire d’autre que la musique, même si j’aimais les langues… » Puis elle a déménagé à Bruxelles pour étudier à La Chapelle avec Gary Hoffmann. « Il était toujours très clair dans ses explications. Grâce à lui, j’ai appris à soigner les détails sans sacrifier la ligne. »

Lidy aimerait composer et faire du jazz. « J’ai une bonne oreille pour l’harmonie, mais le temps me manque. Dès que je veux m’y mettre, j’ai un concert. » La musique classique la comble néanmoins avec ces milliards de possibilités qui s’offrent à l’interprète pour dire une phrase. « J’essaie d’abord de trouver le caractère de l’œuvre. C’est le plus important. Le reste suit et c’est un travail sans fin. »

Elle a rencontré Julien Brocal à La Chapelle. « Il jouait dans l’obscurité, je me suis approchée. Il m’a dit : jouons ensemble. Ça a tout de suite marché. On respirait pareil. » Pour leur duo, Lidy Blijdorp a même réalisé une transcription pour piano et violoncelle des Tableaux d’une exposition de Moussorgski. Elle aime toutes les musiques. Avec un faible pour Ravel. Elle aimerait bien jouer avec clarinette, à cause du son.

L’orchestre, elle en a fait adolescente. « On joue une note et on entend une symphonie, c’est magique ! » Puis elle ajoute : « Dommage que ce soit le chef qui décide de tout… »

Lidy a un rêve en musique. « Voyager dans un camion et jouer dans les cafés, de village en village. » Ses yeux bleus se perdent dans l’air. La musique l’appelle. La femme-oiseau s’envole vers d’autres planètes. Laissons-la s’échapper. Et rejoignons-là, sur scène.

Ce soir à La Donaira, sous le chêne vert, Lidy joue la Sonate de Ravel avec la violoniste Rosane Philippens. www.pausefestival.com