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PAUSE BLOG - FR

Le son pour « être » au monde

Sophie Gravier

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Laure Stehlin est devenue flûtiste à cause d’un choc éprouvé enfant pour une partita pour flûte de Bach que ses parents écoutaient. « Si ça avait été une partita pour violon, j’aurais appris le violon. » Elle a fait ses études à Strasbourg avant de tomber amoureuse de l’esthétique baroque et de rejoindre Bartold Kuijken à Bruxelles.

En 2010, elle est tombée gravement malade. « J’ai développé une répulsion pour les sons aigus. » Elle a commencé à jouer du tambour pour trouver un ancrage dans les graves. Puis elle s’est intéressée à l’équilibre personnel par le son. La maladie l’ayant forcée à relativiser la course à la performance, elle s’est formée auprès d’une Américaine spécialisée dans les chants de tradition chamanique. Puis elle a rencontré Robin.

Robin Scott Fleming est un autodidacte de la musique. « Enfant, j’imitais tous les sons. » Sa grand-mère a décelé en lui la « sensibilité familiale » pour la musique, mais il restait fermé à tout académisme. « J’ai appris la guitare tout seul. Puis les percussions. Il me fallait du rythme, tout le temps. » Son premier coup de cœur : le Boléro de Ravel !

Il a participé à un groupe de rock, jouant de tous les instruments, et puis un voyage en Inde a décidé de sa vocation. « Je suis rentré avec un sitar, persuadé que la musique était d’abord une expérience spirituelle. » Il est devenu improvisateur, créateur de sons, lorsqu’il a rencontré Laure.

Tous les deux ont décidé de raconter des histoires avec du son. Convaincus que le phénomène vibratoire, le jeu sur les hauteurs, les recherches de texture et de couleur font des miracles sur la santé du corps et de l’esprit.

« Nous donnons des concerts holistiques. Le public est allongé en forme de rayons de soleil et nous jouons au centre. C’est de l’improvisation intuitive autour des éléments : l’eau, le feu, la terre, l’air, puis l’esprit, le 5e élément qui relie tout. »

Ils utilisent leur voix et leurs instruments : flûte Hotteterre en bois pour Laure et percussions en tous genres pour Robin. « Les bols en cristal du Tibet créent une ambiance unique. L’alliage de la flûte avec la shruti-box (bourdon hindou) est extraordinaire. Le didjeridoo des Aborigènes obtient des résultats stupéfiants avec les autistes. » Ils en créent aussi, avec des coquillages, des cailloux, des graines… A la fin des concerts, les spectateurs livrent leurs émotions et expriment tout ce qu’ils ont ressenti.

Ils ont enregistré un CD qui s’intitule « Elements » et qui illustre bien leur travail d’architecte des sons, de peintre des vibrations. « Il n’y a rien de religieux ou d’intellectuel dans notre démarche. Nous cherchons beaucoup, mais c’est réussi quand ça nous traverse sans qu’on puisse expliquer comment ça s’est produit. »

Laure parle avec ardeur et passion quand Robin semble plus calme. Elle est Bélier (Feu), il est Poissons (Eau), soit le premier et le dernier signe du zodiaque, ce qui explique peut-être leur complémentarité. Tiens, ce sont aussi les deux signes les plus importants dans le thème astrologique de Jean-Sébastien Bach.

Et le but ultime d’une telle expérience sonore pour le public ? Laure réfléchit. « La joie… dans le sens de la joie de vivre » dit-elle, « en se rapprochant de sa source et en étant relié au monde » ajoute Robin.

Le père Bach n’aurait probablement pas réfuté cette philosophie de la musique, puisque son Dieu n’était en rien moralisateur ou sectaire.